Réduction de l’empreinte carbone : les actions de l’Ecole des Ponts ParisTech

ParisTech

Comment l’École des Ponts ParisTech a diminué de 40% son empreinte carbone en dix ans

Candidat du concours CUBE État, l’École des Ponts de ParisTech a mis en place depuis plusieurs années maintenant une série d’initiatives pour limiter son empreinte écologique. Rénovations, actions de sensibilisation ludiques, innovations technologiques… Virginie Da Silva, cheffe du service des affaires immobilières et des moyens généraux, a accepté de répondre à nos questions à ce sujet.

L’École des Ponts de ParisTech a toujours été tournée vers le développement durable : de quelle façon cela se traduit-il dans votre service dédié au bâti ?

En effet, notre établissement est considéré comme l’école par excellence du développement durable en France : nous sommes d’ailleurs rattachés au Ministère de la Transition Écologique ! Et si nous formons de futurs ingénieurs et ingénieures sur ces sujets, nous avons aussi très vite voulu traduire ces engagements dans notre quotidien. 

Ces dernières années, nous avons réalisé de nombreux investissements pour rénover et repenser nos bâtiments et limiter notre empreinte énergétique autant que possible… En 2020, nous avons entre autres lancé de grands travaux via l’appel à projets de la DIE promouvant les actions de performance énergétique à « gains rapides » des bâtiments de l’État (AAP TIGRE)

En quoi consistaient précisément ces travaux ?

En parallèle de travaux d’étanchéité sur la toiture, nous avons installé un système d’éclairage à variation lumineuse, automatisé. Une centrale d’air avec des sondes pour évaluer la qualité de l’air a été mise en place. Côté chauffage, il a fallu remplacer les robinets de chauffage, et repenser le réseau en isolant mieux la tuyauterie, ce qu’on appelle le calorifugeage. Plus tard, nous avons basculé sur le réseau de chaleur urbain, en 2022. L’objectif global était d’allier confort thermique et économies d’énergie, tout en composant avec nos contraintes… Par exemple, le fait que nous ayons deux bâtiments diamétralement opposés d’un point de vue énergétique et en matière d’inertie.

L’un de ces deux bâtiments est plus ancien, en effet, et donc moins bien isolé ?

Le bâtiment ancien est recouvert en façade de verre et métal, exposé nord – sud, et présente deux grandes verrières au niveau du hall d’entrée. Autant dire que si l’on y apprécie la luminosité, il y fait malheureusement très chaud l’été… et très froid l’hiver. C’est un bâtiment de plus de 29 000 mètres carrés.

A côté, nous avons une seconde partie, plus récente, labellisée BBC HPE, qui mesure 4000 mètres carrés environ. Nous y avions moins de gros travaux à réaliser, mais quelques ajustements à faire, que nous avons pu identifier via un audit réalisé à la fin de la garantie décennale. Ainsi, un détecteur pour la lumière dysfonctionnait, et une lumière restait donc allumée dans le couloir nuit et jour !

Vous avez également mis en place des animations et des actions de sensibilisation à destination de vos équipes et des étudiants ?

C’est une démarche qui se veut la plus transversale possible. Notre devise, c’est “chaque geste compte”. 

Voici quelques actions : 

  • Mise en place des points de collecte, les “Ponts Collecte”.
  • Côté restauration, l’organisation des journées végétariennes ou sans viande de bœuf, des campagnes de sensibilisation pour que chacun amène sa tasse plutôt que d’utiliser des cup jetables… 
  • Nous organisons aussi un marché des producteurs locaux, avec des paniers à des prix très abordables (3,90 euros) où le légume cultivé le plus loin vient des Yvelines.
  • Côté nature, depuis septembre, nous avons installé un hôtel à insectes. 
  • Côté économie circulaire, avec les étudiants et l’association étudiante Dévelop’Ponts, nous avons aussi pensé une friperie, où l’on redonne entre autres une seconde vie aux objets trouvés qui n’ont jamais été réclamés par leurs propriétaires.
  • Enfin, en lien avec CUBE, l’organisation des visites guidées des bâtiments, campagne de communication spécifique avec une approche ludique et créative. 

Cela a-t-il été un défi, pour sensibiliser tout le monde ?

Tout à fait… Lorsque nous avons commencé à vouloir organiser des réunions d’information, et des visites guidées thématiques des bâtiments, nous avions du mal au début à faire venir du monde. Dans le cadre du concours CUBE État, l’École des Ponts ParisTech a pu bénéficier d’un accompagnement du CEREMA qui nous a bien aidé en ce sens. Il a fallu repenser notre façon de communiquer, installer des stands directement dans le hall d’entrée, accrocher des pancartes au sapin à Noël…

On nous a également aidé à imaginer un tas d’activités ludiques, avec par exemple des prises pour mesurer la consommation électrique de ses appareils, ou un jeu de cartes pour savoir quels objets du quotidien consomment le plus.

Cela porte déjà ses fruits : nous avons plus d’inscriptions pour les visites guidées, plus de demandes, de la part du personnel comme des étudiants !

Où en êtes-vous aujourd’hui de vos objectifs en matière d’économies d’énergie ?

Plus de 50% de notre consommation était liée au chauffage, et le reste était réparti entre les postes informatiques et le matériel en laboratoire, les climatisations, l’éclairage…

Grâce à nos initiatives, nous avons pu diminuer la facture énergétique de 40% par rapport à 2014, et nous aimerions atteindre 45% d’ici 2030. Rien que sur l’éclairage, nous avons baissé la consommation de 22% depuis la rentrée de cette année ! C’est d’ailleurs sans doute le poste avec lequel nous avons eu le retour sur investissement le plus rapide et visible.

A ce jour, il n’y a pas un projet où on n’essaye pas d’intégrer une approche durable, où on ne se questionne pas sur ce volet là. Rationaliser ses coûts de fonctionnement et de maintenance n’est pas une mince affaire, mais nous avons parcouru un sacré bout de chemin.

Et quand on ne pourra plus réduire notre empreinte carbone, il s’agira alors de trouver des moyens de produire à notre tour de l’énergie… Cela passera par la réinstallation de stations solaires pour charger des vélos électriques devant l’école, que les étudiants avaient testé il y a quelques années de cela, et par l’optimisation des espaces verts. Nous avons quelques projets d’oasis sur granit en cours. A terme, nous souhaiterions que l’École des Ponts soit un véritable projet démonstrateur d’une démarche écologique et viable.

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